Impossible d'ouvrir un quotidien, un hebdomadaire ou une revue sans qu'on vous y parle de l'Internet, ce formidable outil de communication qui catalyse ce qu'il y a de meilleur dans l'individu: créativité, curiosité intellectuelle, capacité à communiquer et enrichissement du contact avec d'autres humains.

Je suis toujours étonné, mais aussi encouragé, par la jeunesse des promoteurs de l'Internet. Leur enthousiasme me réjouit. Poussé par nos enfants, l'Internet est le signe le plus visible du tournant crucial que traverse l'organisation de nos sociétés. Partout, la mise en oeuvre des autoroutes de l'information engendre une révolution qui apparaît aussi importante et radicale que celles qui l'ont précédée. Cette révolution est basée sur l'information, elle-même expression du savoir humain. Elle modifiera notre manière de vivre, de communiquer et de travailler ensemble. Elle nous libérera des contraintes d'espace et de temps. Exaltante perspective.

Cette révolution du savoir, à la différence des précédentes, s'opère de façon quasi invisible. Elle n'amène pas nécessairement de nouveaux objets dans le paysage, tout au plus modifie-t-elle l'aspect de ceux qui nous sont familiers. En fait, l'autoroute de l'information tisse un lien entre l'audiovisuel, l'informatique et les télécommunications. Il y a peu, ces domaines étaient autonomes. Aujourd'hui, ils opèrent une fusion.

Toutes les révolutions engendrent des incertitudes, des ruptures, mais surtout des occasions à saisir. Celle-ci ne fait pas exception. Le Québec doit savoir réagir en misant sur ses forces et en maîtrisant les risques. Or, l'avenir de notre langue, de notre culture et de nos communications est lié à la maîtrise qu'il nous faut acquérir des outils et des contenus de ce formidable appareil de liaison, d'apprentissage et de développement.

Loin d'être un phénomène spontané, le déploiement des inforoutes est le fruit d'une réflexion, d'un calcul et d'une volonté politique et économique. La mobilisation de tous les pays autour des nouvelles technologies de l'information ne laisse pas de doutes sur l'ampleur des bouleversements en cours. Le défi est universel. Tous les grands acteurs internationaux élaborent leurs stratégies et leurs choix, enclenchent de <<grandes manoeuvres>> et établissent des alliances. Tout en participant activement aux grands mouvements internationaux, il faut que le Québec prenne la place qui doit être la sienne: à l'avant-garde.

L'inforoute est un exemple où notre culture survivra parce qu'elle s'affirmera, dynamique et ambitieuse, sur les plus grands réseaux du monde. En effet, l'inforoute permet d'aller cueillir le consommateur de culture francophone individuellement, là où il se trouve: à Denver ou à Bali, à Clermont-Ferrand ou à Bangkok. Il faut donc faire en sorte que le Québec soit un carrefour très achalandé, sur l'autoroute de l'information. Un carrefour où nos créations culturelles sont disponibles. Celles qui furent créées avant cette révolution technologique, puis celles qui seront créées grâce à ce nouvel outil: le multimédia, la réalité virtuelle, ou encore des oeuvres entièrement nouvelles dont on ne peut, aujourd'hui, imaginer la facture.

Afin de profiter pleinement de l'Internet, et mieux s'orienter dans cet océan où les instruments de navigation sont si importants, il faut une boussole... Internet au bout des doigts que je vous invite à adopter comme votre guide dans les contenus francophones de l'Internet.

Jacques Parizeau
Premier ministre du Québec


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